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Agence web, freelance ou IA : qui choisir pour créer son site ?

Agence web, freelance ou IA : qui choisir pour créer son site ?

Trois chemins pour créer un site : le faire vous-même avec l’IA, le confier à un freelance ou passer par une agence web. Ce que chacun sait faire, ce qu’il coûte vraiment, et comment choisir. Réponse d’un développeur freelance passé par l’agence, qui se sert de l’IA tous les jours.

À retenir

  • L’IA sait produire un site. Elle ne sait pas décider ce qu’il doit dire, ni à qui.
  • « Gratuit » s’arrête au nom de domaine, à l’hébergement, à l’abonnement et surtout à vos heures.
  • Une agence apporte une équipe et facture sa structure. Un freelance vous met en direct avec celui qui construit.
  • Besoin d’exister en ligne, vite et sans budget : l’IA est un vrai point de départ.
  • Site qui doit ramener des clients : quelqu’un doit en être responsable, et sur la durée.

L’essentiel en 6 questions

Peut-on créer un site professionnel avec l’IA ?

Oui. En une soirée, un générateur sort une mise en page propre, des couleurs cohérentes, des textes plausibles et un formulaire qui marche. Si votre besoin est d’exister en ligne avec trois pages et un numéro de téléphone, ça suffira.

Créer son site avec l’IA, est-ce vraiment gratuit ?

Non. Il reste le domaine et l’hébergement, 100 à 200 € par an, l’abonnement de la plateforme dès que vous voulez votre propre adresse, les visuels, et surtout vingt à quarante heures de votre temps. Appliquez-y votre taux horaire avant de comparer quoi que ce soit.

Qu’est-ce qu’une IA ne fera pas à votre place ?

Décider ce que le site raconte, et à qui. Vous rendre visible, ce qui est un travail à part entière et qui continue après la mise en ligne. Tenir le site dans la durée. Et répondre le jour où il tombe, la veille d’un salon.

Agence web ou freelance : quelle différence ?

Une agence met une équipe sur votre projet : chef de projet, graphiste, développeur. Un freelance fait l’essentiel du travail lui-même, et c’est à lui que vous parlez. À qualité égale, le freelance coûte moins cher, parce qu’il ne facture ni structure ni intermédiaire. L’agence reprend l’avantage quand le projet demande plusieurs métiers en même temps.

Combien coûte un site chez un professionnel ?

Chez moi, un site vitrine démarre à 1 900 € et un site professionnel à 3 500 €. Ce budget achète du temps passé sur votre positionnement, des textes écrits pour vos clients autant que pour les moteurs, une base technique rapide, et une formation pour rester autonome ensuite. En agence, le devis intègre en plus le coût de la structure.

Y a-t-il une solution intermédiaire ?

C’est celle que je conseille le plus souvent. Montez votre première version avec l’IA si le budget n’est pas là, puis faites reprendre l’ensemble quand l’activité le justifie. Vous arriverez avec des textes et des retours de clients, et le travail démarre beaucoup plus haut.

On me pose cette question à peu près une fois par mois, sous une forme ou une autre. Trois chemins s’offrent à vous pour créer votre site : le faire vous-même avec l’IA, le confier à un freelance, ou passer par une agence web. Les outils IA sont devenus bons, rapides, et certains ne coûtent rien pour commencer. Alors pourquoi payer quelqu’un, et qui ?

Je suis développeur web freelance. J’ai donc un intérêt évident à répondre « prenez un freelance ». Ce n’est pourtant pas ma réponse, en tout cas pas toujours. Voici ce que je dis vraiment aux gens qui me posent la question, y compris quand ça me fait perdre un devis.

Ce que l’IA sait vraiment faire aujourd’hui

Commençons par le compliment, parce qu’il est mérité. Un générateur de site produit aujourd’hui, en une soirée, un résultat correct : une mise en page propre, des couleurs cohérentes, des textes plausibles, un formulaire qui fonctionne. Il y a cinq ans, ça demandait une semaine de travail à quelqu’un comme moi.

Je ne parle pas de ces outils de l’extérieur. Je me sers de l’IA tous les jours dans mon propre travail, et j’en installe chez mes clients. Elle me fait gagner du temps sur le code, sur les premières versions de texte, sur la recherche. Ce serait malhonnête de la présenter comme un gadget pour me protéger.

Donc oui : si votre besoin est d’exister en ligne, vite, avec trois pages et un numéro de téléphone, un outil IA fera le travail. Demandez-le-moi et je vous le confirmerai.

Ce que « gratuit » veut dire, une fois tout compté

Le mot mérite qu’on s’y arrête, parce que c’est là que la comparaison se fausse.

  • Le nom de domaine et l’hébergement : environ 100 à 200 € par an, quel que soit le chemin choisi.
  • L’abonnement de la plateforme : la version gratuite s’arrête vite. Compter 15 à 30 € par mois dès que vous voulez votre propre adresse, retirer la publicité de l’éditeur ou vendre en ligne.
  • Les visuels : sans photos de votre activité, votre site ressemblera à mille autres. Une banque d’images ou une séance photo, ça se paie aussi.
  • Votre temps : le poste le plus lourd, et le seul que personne ne chiffre jamais. Comptez vingt à quarante heures pour un premier site correct, apprentissage compris. Appliquez-y votre propre taux horaire et regardez le total.

Je ne dis pas que ça n’en vaut pas la peine. Je dis que la vraie comparaison n’est pas « 0 € contre plusieurs milliers », mais « une trentaine de vos heures plus un abonnement, contre un budget et un interlocuteur ». Posée comme ça, la question devient une vraie décision de chef d’entreprise.

Ce qu’aucune IA ne fera à votre place

Une IA génère à partir de ce que vous lui demandez. Le problème, c’est que la partie difficile d’un site, c’est justement de savoir quoi lui demander.

  • Décider ce que le site raconte. À qui vous parlez, ce qui vous distingue du concurrent d’à côté, l’objection qui bloque vos prospects avant qu’ils appellent. Ça ne sort pas d’un modèle, ça sort de votre métier.
  • Être trouvé. Un site généré en une soirée est visible par vous et par à peu près personne d’autre. Le référencement local, les données structurées, les pages qui répondent à de vraies recherches : c’est un travail à part entière, et il continue après la mise en ligne.
  • Tenir dans la durée. Un site vit trois à cinq ans. Mises à jour, sauvegardes, une extension qui casse, un formulaire qui cesse d’envoyer sans prévenir. Encore faut-il que quelqu’un s’en aperçoive : j’ai détaillé ce que demande vraiment l’entretien d’un site.
  • Répondre quand ça casse. Une IA ne porte aucune responsabilité. Le jour où votre site tombe la veille d’un salon, il vous faut un numéro à appeler.
  • Vous appartenir. Sur certaines plateformes, vous ne possédez pas votre site, vous le louez, sous des règles écrites ailleurs. Le jour où vous voulez partir, vous ne repartez ni avec le design, ni toujours avec vos contenus. Vérifiez ce point avant de commencer, pas au bout de trois ans.

Il y a enfin une chose qu’on découvre à l’usage : une IA se trompe avec aplomb. Elle vous écrira des mentions légales approximatives, ou une promesse commerciale que vous ne tenez pas, du même ton assuré que le reste. Il faut quelqu’un pour relire, et ce quelqu’un doit connaître le sujet.

Agence web ou freelance : la vraie différence

Une fois décidé de payer quelqu’un, reste à savoir qui. J’ai travaillé des deux côtés : j’ai appris le métier en agence web, chez Click and co puis Kaiman, avant de m’installer en freelance. Le mot « agence » recouvre des réalités très différentes, du studio de vingt personnes à la petite équipe de trois. Mais la différence de fond avec un freelance tient en une question : qui fait réellement votre site, et à qui parlez-vous ?

Ce qu’une agence web vous apporte

  • Plusieurs métiers sous le même toit. Graphiste, rédacteur, développeur, chef de projet : si votre projet mêle une nouvelle identité visuelle, un site et une campagne publicitaire, l’agence coordonne tout.
  • De la capacité. Un site de plusieurs centaines de pages ou une date de lancement serrée, une équipe l’absorbe mieux qu’une seule personne.
  • La continuité. Si quelqu’un quitte l’agence, le projet continue avec un autre membre de l’équipe.

En contrepartie, vous payez aussi la structure : le chef de projet, les commerciaux, les locaux. Vous échangez le plus souvent avec un chef de projet, pas avec la personne qui code. Et il arrive que le développement soit confié à un freelance, que vous ne rencontrerez jamais.

Ce qu’un freelance vous apporte

  • Un seul interlocuteur, celui qui fait. Vous expliquez votre besoin à la personne qui va le construire. Rien ne se perd entre le rendez-vous et le code.
  • Un budget consacré au travail. Sans structure à faire tourner, votre argent paie des heures sur votre projet, pas des frais généraux.
  • De la réactivité. Une modification, une question, un souci technique : vous écrivez à celui qui connaît votre site, sans ticket ni file d’attente.

Un freelance travaille seul, ce qui demande trois vérifications avant de signer. Les accès : le nom de domaine, l’hébergement et l’administration du site doivent rester entre vos mains. Le périmètre : un freelance est rarement graphiste, rédacteur et développeur à la fois, demandez qui fait quoi. Les références : des sites en ligne que vous pouvez visiter, pas seulement des captures d’écran.

Ce que vous payez chez moi

Je suis développeur web depuis quinze ans, et j’ai dirigé ma propre boutique en ligne, tenue de bout en bout. Je parle donc chiffre d’affaires et délais avant de parler technique. Vous avez un seul interlocuteur, du premier échange à la mise en production, et c’est celui qui code. Sans abonnement ni engagement : vous gardez la main sur vos outils et vos accès.

Un site vitrine démarre à 1 900 €, un site professionnel à 3 500 €. Ce budget n’achète pas des pages. Il achète du temps passé sur votre positionnement, des textes écrits pour vos clients autant que pour les moteurs, une base technique rapide et propre, et une formation pour que vous restiez autonome ensuite. Pour une boutique, le calcul est différent et la plateforme n’est que la plus petite ligne de l’addition : j’ai chiffré ce que coûte réellement une boutique en ligne.

Ce qu’il n’achète pas, et je préfère le dire tout de suite : un miracle commercial. Un site ne remplace ni une offre claire, ni le bouche-à-oreille. Il les amplifie.

Le tableau pour trancher

Votre situationLe faire avec l’IAUn freelanceUne agence web
Budget0 à 500 € la première annéeÀ partir de 1 900 € chez moi, une foisPlus élevé à périmètre égal, la structure est facturée
TempsVingt à quarante heures de votre tempsQuelques rendez-vous et vos relecturesDes réunions de validation avec le chef de projet
InterlocuteurVous-mêmeCelui qui construit le siteUn chef de projet
RéférencementÀ apprendre et à faire vous-mêmeTravaillé dès la conceptionInclus ou vendu à part, selon l’agence
Projet à plusieurs métiersHors de portéeSite, textes et référencementIdentité, site et campagnes coordonnés
Le jour où ça casseVous cherchez sur un forumVous appelez celui qui l’a construitVous passez par le support
Le bon choix siLe site doit juste existerLe site doit vous rapporter des clientsLe projet demande une équipe entière

La voie que je conseille le plus souvent

Elle ne figure dans aucun des camps, et c’est pourtant la réponse que je donne le plus.

Si vous démarrez et que le budget n’est pas là, montez votre première version avec l’IA. Sérieusement. Un site imparfait en ligne vaut mieux qu’un beau projet repoussé d’un an. Vous découvrirez au passage ce que vous voulez vraiment dire à vos clients, et cette information-là vaut cher.

Puis, quand l’activité le justifie, faites reprendre l’ensemble. Vous arriverez avec des textes, des retours de clients, une idée précise de ce qui accroche et de ce qui tombe à plat. Le travail démarre beaucoup plus haut, et il coûte moins cher que de partir d’une page blanche.

Il existe aussi un entre-deux que pratiquent plusieurs de mes clients : je pose la structure, la technique et le référencement, et vous tenez le contenu vous-même, avec l’IA pour les premiers jets et une formation courte pour être à l’aise dans l’éditeur.

Ma réponse, en une phrase

Utilisez l’IA tant que le site n’a rien à prouver. Prenez un freelance le jour où il doit vous rapporter, une agence quand le projet demande une équipe entière.

Le vrai partage ne passe pas entre l’humain et la machine, il passe entre un site que personne ne surveille et un site dont quelqu’un est responsable. Ce quelqu’un peut très bien être vous, si vous en avez le temps et l’envie. Sinon, c’est mon métier.

Si vous hésitez encore, décrivez-moi votre projet en deux lignes. Je vous dirai franchement si vous avez besoin de moi, d’une agence ou d’un simple outil IA. Il m’est déjà arrivé de répondre non.

Illustration : photo d’Alex Knight, Unsplash.

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