← Blog E-commerce

WooCommerce ou Shopify : lequel choisir pour vendre en ligne ?

WooCommerce ou Shopify : lequel choisir pour vendre en ligne ?

On répète que WooCommerce revient moins cher parce qu’il est gratuit. J’ai refait le calcul sur trois ans : les deux se tiennent, avec même un léger avantage à Shopify. Ce qui départage n’est donc pas le prix, c’est de savoir qui tient le catalogue, le fichier client et les règles du jeu.

À retenir

  • Trois étages de commission qu’on confond : la bancaire, incompressible, le péage de plateforme, et celle des places de marché.
  • Rapportez ces pourcentages à votre marge, pas à votre chiffre d’affaires. Deux points de commission, c’est 10 % de ce que vous gagnez.
  • Leurs chartes sont écrites aux États-Unis : coutellerie, spiritueux, tabac, CBD ou chasse peuvent y figurer, et une suspension coupe aussi l’accès à vos données.
  • Le prix ne départage pas ces deux solutions. La propriété, si.

L’essentiel en 6 questions

WooCommerce ou Shopify, lequel revient le moins cher ?

Sur trois ans, pour 120 commandes par mois à 55 € de panier moyen, les deux se tiennent, avec un léger avantage à Shopify : 7 500 à 10 000 € contre 8 500 à 12 000 €. Si le prix est votre seul critère, prenez Shopify.

WooCommerce est-il gratuit ?

Woo commerce est totalement gratuit et open source. Restent l’hébergement dimensionné pour une boutique, les licences des d’extensions additionnelles si le besoin est nécessaire. Le design, la mise en place et la maintenance. Ce n’est pas gratuit, cela représente un coût.

Quelles commissions paie-t-on vraiment sur une vente ?

Deux niveaux de commissions que l’on confond à chaque fois. La commission bancaire, environ 1,5 % plus 25 centimes, incompressible et payée partout. La redevance de plateforme pour Shopify, prélevée si vous n’utilisez pas leur propre solution de paiement.

À partir de quand Shopify revient-il plus cher ?

Quand le volume monte, puisque la commission suit votre chiffre d’affaires, et quand vous avez des applications qui s’accumulent à 15 ou 40 € par mois. Chez WooCommerce, seule la commission bancaire bouge. Les deux courbes se croisent, la seule question est de savoir où.

Peut-on se faire fermer sa boutique sur une plateforme hébergée ?

Oui. Vous acceptez une charte écrite aux Canada, qui liste des produits refusés et autorise la suspension du compte. Coutellerie, spiritueux, tabac, CBD, matériel de chasse ou compléments alimentaires peuvent y figurer alors que l’activité est parfaitement légale en France. Et une suspension coupe aussi l’accès au catalogue, aux commandes et au fichier client.

Dans quel cas faut-il choisir WooCommerce ?

Si votre métier figure dans leurs activités restreintes, si votre façon de vendre sort du standard, ou si vous avez déjà un site WordPress qui amène du trafic.

Je construis des boutiques WooCommerce. J’ai donc tout intérêt à vous expliquer que Shopify revient cher et que le moins cher est de mon côté. Le problème, c’est qu’en posant les chiffres, ce n’est pas tout a fait vrai.

Voici le calcul complet, les trois étages de commission qu’on confond tout le temps, et ce que vous acceptez vraiment en ouvrant une boutique chez quelqu’un d’autre. Ma position tient en une ligne : le prix ne départage pas ces deux solutions, la propriété si.

Le mythe du gratuit

L’extension WooCommerce est gratuite. C’est exact, et c’est à peu près la seule chose gratuite du projet. Il reste l’hébergement, dimensionné pour une boutique, les extensions payantes à la licence annuelle ou le développement spécifique de celles-ci, le thème ou le design, la mise en place, puis l’entretien.

Shopify fonctionne dans l’autre sens : les coûts sont bas au départ, avec un prélèvement mensuel. Nous avons en somme, deux structures de coût opposées. L’une se paie surtout au début, l’autre se paie surtout dans la durée, et sur un pourcentage de ce que vous vendez.

Les trois étages de commission

On mélange systématiquement trois choses différentes. Les séparer change complètement la lecture d’un devis.

  1. La commission bancaire. Environ 1,5 % du montant plus 25 centimes pour une carte européenne. Vous la payez partout, quelle que soit la solution retenue. Elle est incompressible et ce n’est pas un sujet de comparaison.
  2. Le péage de plateforme. Plusieurs plateformes ajoutent un pourcentage sur chaque vente si vous n’utilisez pas leur propre solution de paiement. Ce n’est pas un service rendu, c’est une pénalité pour avoir choisi votre prestataire. Le taux dépend de la formule et diminue quand l’abonnement augmente, ce qui est un choix commercial parlant.
  3. La commission de place de marché. Amazon, Etsy et les autres jouent dans une tout autre catégorie, souvent 6 à 15 % selon le rayon, plus les frais de mise en avant. En échange, ils vous amènent le trafic, et c’est un vrai service qu’aucune boutique ne fournit toute seule.

Le calcul qui compte n’est pas celui qu’on vous montre. Rapportez ces pourcentages à votre marge, pas à votre chiffre d’affaires. Sur un panier de 55 € avec 20 % de marge, vous gagnez 11 €. Un point de commission supplémentaire coûte 0,55 €, soit 5 % de ce que vous gagnez réellement. Deux points en coûtent 10 %. Une commission de place de marché à 10 % emporte la moitié de votre marge, et vous n’y pouvez rien.

WooCommerce ne prend rien sur vos ventes. Ce n’est pas une opinion de ma part, c’est une ligne absente de la facture. Et surtout : c’est une ligne qui n’apparaîtra jamais, quelle que soit la croissance de votre boutique.

Le calcul sur trois ans, avec une boutique qui tourne

Prenons une hypothèse concrète : 120 commandes par mois, un panier moyen de 55 €, soit 6 600 € de chiffre d’affaires mensuel. C’est une petite boutique qui marche.

PosteShopifyWooCommerce
Mise en place0 à 500 € (thème payant)2 900 à 6 000 €
Abonnement ou hébergement30 à 40 € par mois20 à 40 € par mois
Applications ou extensions30 à 100 € par mois150 à 400 € par an
Commission bancaireenviron 1,7 % + 0,25 €environ 1,5 % + 0,25 €
Péage sur chaque venteoui, hors solution maisonaucun
Total approximatif sur 3 ans7 500 à 10 000 €8 500 à 12 000 €

Montants arrondis, hors contrat de maintenance et hors votre propre temps, sur des tarifs constatés au moment où j’écris. Ces tarifs bougent : refaites le calcul avec les vôtres avant de décider.

Le résultat mérite d’être dit franchement : à ce volume et sur trois ans, les deux se tiennent, avec un léger avantage à Shopify. Voilà pour l’argument du gratuit. Si le prix est votre seul critère, arrêtez ici et prenez Shopify. Le reste de cet article explique pourquoi ce n’est pas mon critère.

Où l’écart s’inverse

  • Le volume. Chez Shopify, la commission suit votre chiffre d’affaires, et les applications facturées à l’usage aussi. Chez WooCommerce, seule la commission bancaire bouge. Quelques dizaines d’euros d’écart par mois à 6 600 € de chiffre d’affaires deviennent quelques centaines à 30 000 €. Vous payez votre propre réussite.
  • Les applications. Chaque besoin un peu particulier se règle par une application à 15 ou 40 € par mois. Trois besoins et l’abonnement double. Ce sont des coûts qui ne redescendent jamais et qu’on découvre au fur et à mesure, une fois la boutique en production.
  • La durée. La cinquième année, une boutique WooCommerce coûte son hébergement et son entretien. Une boutique Shopify coûte le même prix qu’au premier jour, augmentations comprises. Les deux courbes se croisent, la seule question est de savoir où.

Ce que vous acceptez en ouvrant la boutique

C’est la partie qu’on ne lit jamais et qui décide de tout le reste. En ouvrant un compte sur une plateforme hébergée, vous acceptez une charte d’utilisation qui liste les produits qu’elle refuse, et qui l’autorise à suspendre le compte, souvent sans préavis et à sa seule appréciation.

Ces documents sont écrits aux États-Unis. Une activité parfaitement légale en France peut y figurer. Coutellerie, spiritueux et bières artisanales, tabac et cigarette électronique, chanvre et CBD, matériel de chasse et de tir, compléments alimentaires selon les allégations de l’étiquette : autant de métiers bien réels chez nous, autant de lignes dans leurs listes.

Et une suspension ne coupe pas seulement la vente. Elle coupe l’accès à l’administration, donc à votre catalogue, à vos commandes en cours et à votre fichier client. Vous ne perdez pas un canal, vous perdez l’outil et les données en même temps, au moment précis où vous en avez le plus besoin.

Deux gestes, dix minutes chacun. Avant d’ouvrir : cherchez la liste des activités restreintes de la plateforme et lisez-la jusqu’au bout. Une fois ouverte : exportez votre fichier client et vos commandes tous les mois, et rangez le fichier ailleurs que chez eux. Ça ne sert à rien, jusqu’au jour où ça sert énormément.

Soyons honnêtes jusqu’au bout : WooCommerce ne vous affranchit pas de tout. Votre prestataire de paiement a lui aussi sa liste et peut vous couper l’encaissement, votre hébergeur a ses conditions. La différence est dans la réparation. On change de prestataire de paiement en une journée sans toucher au site, et d’hébergeur en un week-end. On ne change pas de plateforme en un week-end : on reconstruit.

Les quatre questions qui décident vraiment

1. Votre métier est-il dans leur liste ?

Si oui, la discussion s’arrête là, et on ne parle même pas de budget. Construire une boutique sur un compte qui peut fermer parce que votre métier déplaît à une charte américaine n’est pas un arbitrage, c’est un pari.

2. Votre façon de vendre entre-t-elle dans le standard ?

Shopify est excellent tant que vous vendez des produits à un prix affiché, à des particuliers, avec une livraison classique. Dès qu’il y a des tarifs par type de client, du sur-mesure, de la location, du dépôt-vente, de la vente au mètre ou des règles métier, vous sortez de la case prévue, et on la contourne à coups d’applications empilées, à 20 € par mois chacune. C’est exactement le terrain de WooCommerce.

3. D’où viendront vos clients ?

Si c’est du contenu et de la recherche, la boutique a tout intérêt à vivre dans le même site que les articles et les guides qui amènent les visiteurs : c’est le point fort de WordPress. Si c’est Instagram, TikTok et la publicité, Shopify est mieux outillé nativement pour la vente sur les réseaux. Notez tout de même que ces canaux appartiennent eux aussi à quelqu’un d’autre.

4. Qui s’occupe de la technique ?

Shopify s’en charge, et c’est précisément ce que vous payez chaque mois : les mises à jour, la sécurité, la disponibilité le jour des soldes. WooCommerce demande quelqu’un, vous ou un prestataire. Si la réponse est « personne », prenez Shopify, sincèrement.

Ce que je conseille, selon les cas

Votre situationMa réponse
Vous lancez, vous ne savez pas si ça prendra, vos produits sont classiquesShopify, sans hésiter
Votre métier figure dans leurs activités restreintesWooCommerce, la question ne se pose pas
Vous avez déjà un site WordPress qui amène du traficWooCommerce, la boutique s’appuie sur l’existant
Votre façon de vendre sort du standardWooCommerce, ou du développement sur mesure
Vous ne voulez toucher à rien, jamaisShopify, et c’est un choix cohérent
Vous êtes sur Shopify depuis des années et l’addition monteUne migration se calcule, mais elle n’est pas gratuite non plus

Ma réponse, en une phrase

Le meilleur outil est celui que vous n’aurez pas besoin de quitter dans deux ans, et que personne d’autre ne peut fermer à votre place.

Le prix ne départage pas, je l’ai montré chiffres en main. Ce qui départage, c’est de savoir qui tient le catalogue, qui tient le fichier client, et qui écrit les règles du jeu. Une boutique qui vous appartient coûte plus cher au départ et se comporte comme un actif. Une boutique louée coûte moins cher au départ et se comporte comme un loyer, avec un bail que vous n’avez pas négocié.

Le reste du travail, celui qui fait vraiment vendre, ne dépend d’aucune des deux : je l’ai détaillé dans l’article sur ce que coûte réellement une boutique. Et la même question de propriété, posée pour un simple site vitrine, se lit dans l’article sur Wix.

Si vous hésitez encore, envoyez-moi vos chiffres : commandes par mois, panier moyen, marge, et votre métier. Je referai le calcul avec vous, et s’il penche vers Shopify, je vous le dirai. Sinon, voici comment se déroule une création de boutique.

Illustration : photo de Stacy, Unsplash.

← Revenir au blog